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Le miel, un aliment miracle ?

La fabrication du miel par les abeilles est un des grands miracles de la nature : pour produire 500 grammes de miel, les abeilles doivent butiner 8 millions de fleurs. Ces dernières années, la consommation de miel a explosé et le miel est même devenu un argument marketing à la mode. Mais mérite-t-il vraiment sa réputation ? Quels sont ses bienfaits et comment être sûr de choisir un miel de qualité ? Avec l’aide du nutritionniste Anthony Berthou de La santé par la nutrition, on vous livre tout sur le précieux liquide doré.

Le miel, une bonne alternative au sucre de table

Contrairement au sucre de table, le miel est un produit pur qui ne subit pas de transformation. Pour produire le miel, les abeilles butinent le nectar des fleurs puis se le transmettent d’abeille en abeille à l’intérieur de la ruche. Le nectar est alors peu à peu “digéré” et enrichi par les enzymes que chacune d’entre elles sécrète. Grâce à ce processus, le miel est riche en minéraux (magnésium, calcium, potassium, fer) et en vitamines (B et C), même si les quantités restent faibles. À l’inverse, le sucre de table subit un processus de raffinage qui détruit tous ses nutriments.

Les remèdes de grand-mère conseillent d’ajouter du miel à son infusion pour guérir à peu près tous les maux … et nos mamies ont loin d’avoir tort ! Le miel est un puissant antiseptique qui va ralentir la prolifération des bactéries. Une cuillère de miel quotidienne en période de maladie peut aider à se débarrasser d’un vilain rhume. Il va aussi apaiser les irritations et toux en déposant une paroi protectrice dans la gorge. Mention spéciale pour le miel de manuka, dont les vertus uniques permettent de l’élever au rang de “super aliment”, qu’on utilise même en médecine pour ses vertus cicatrisantes.

Le miel est également moins calorique que le sucre de table et il possède un pouvoir sucrant 30% à 40% supérieur au sucre de table : on peut ainsi se permettre d’en mettre moins. Enfin, le miel est aussi connu pour sa teneurs en antioxydants, des molécules qui aident à prévenir le cancer et les maladies dégénératives. Plus le miel est foncé (comme le miel de sarrasin ou le miel de châtaignier), plus il est riche en antioxydants ! Cependant, le pouvoir antioxydant de la plupart des miels reste relativement faible par rapport à celui des fruits et légumes.

Le miel, c’est 80% de sucre

Si l’on confère toutes ces vertus au miel, il ne faut pas oublier que dans 100 grammes de miel, il y a au moins 80 grammes de sucre ! Tous les miels ne se valent pas, car leur composition dépend de l’origine du miel et des fleurs butinées par les abeilles. Mais, en moyenne, une cuillère à café de miel (8g de sucre) représente 30% de la consommation journalière maximale recommandée par l’OMS.  

1 c.s. rase de miel = 2 morceaux de sucre

Selon son origine, le miel est composé d’environ 55% de fructose, un sucre naturel qui est aussi celui que l’on trouve dans les fruits. Si le fructose peut sembler un bon argument en faveur du miel, il faut en réalité savoir que seul notre foie est capable de métaboliser le fructose (voir notre article sur le sucre), à l’inverse d’autres sucres comme le glucose qui peuvent être utilisés par le foie mais aussi par les muscles et le cerveau. Or, notre alimentation quotidienne contient déjà trop de fructose par rapport à la capacité de notre foie à le traiter. En effet, le fructose est ajouté dans de nombreux produits industriels (céréales, pizzas, gâteaux, sauces…). Lorsque le fructose est en excès dans notre organisme, il va alors être directement stocké dans le foie sous forme de graisses. Ce syndrome du “foie gras” augmente ainsi les risques de diabète et favorise la résistance à l’insuline.

Le miel ne résout pas non plus le problème de l’addiction au sucre. Tout comme le sucre de table, il active dans notre cerveau le circuit de récompense, qui va nous pousser à consommer à nouveau des produits sucrés.

Finalement, le miel vaut toujours mieux que le sucre, nutritionnellement comme gustativement … mais tout est dans la juste mesure ! On peut tout à fait intégrer le miel dans le cadre d’une alimentation équilibrée, mais on le fait avec modération et en surveillant ses apports globaux en sucres (et notamment en sucres cachés, que l’on trouve dans les produits transformés).

Comment bien choisir son miel ?

Les aliments naturels étant en vogue ces dernières années, le miel connaît un succès sans précédent : rien qu’en 5 ans, la demande mondiale a augmenté de 60% ! Malheureusement, cette demande colossale a eu pour conséquence d’ouvrir le marché à l’importation massive de miels trafiqués, qu’on appelle les miels frelatés. Le plus souvent, ces miels ont été dilués avec des sirops de sucre, du glucose commercial ou de l’eau. Selon des tests réalisés en 2015, près d’un tiers des miels vendus en Europe seraient frelatés, donc frauduleux !  Les pays asiatiques, l’Espagne et l’Ukraine sont malheureusement connus pour l’exportation de miels non réglementaires à bas prix.

Mais comment éviter ces miels frelatés ? Tout d’abord, il faut délaisser les produits comportant la mention “Mélange de miels UE et hors UE” dont la traçabilité est faible : ils ne garantissent pas que le miel respecte les critères européens qui imposent que l’appellation “Miel” ne s’applique que pour du miel pur. Le prix est également un bon indice pour détecter les miels frelatés : un miel trop bon marché (à moins de 10€ le kilo), devrait vous mettre la puce à l’oreille. Malheureusement, le gouvernement a refusé d’inscrire dans la loi sur l’alimentation (Egalim) l’étiquetage obligatoire du (ou des) pays d’origine du miel.

L’idéal est de consommer du miel produit en France. La législation française est plus stricte que les réglementations européennes, et garantit un produit très contrôlé.

Par ailleurs, il est essentiel de choisir un miel bio, pour votre santé comme pour la survie des abeilles ! En effet, les fleurs butinées pour produire le miel sont susceptibles d’être contaminées par les pesticides chimiques utilisés en agriculture. Ces pesticides vont à leur tour contaminer le miel et mettre en danger les abeilles. À l’achat, on privilégie un miel qui  dispose du label bio français (Agriculture Biologique) et/ou européen (Eurofeuille), qui garantissent une production de miel sans traitement chimique et respectueuse de la faune et de la flore. Les labels Nature & Progrès et Demeter sont encore plus exigeants, notamment sur la qualité des lieux de butinage des abeilles (zones sauvages et biologiques).

Labels pour le miel

Acheter respectueusement, c’est sauver les abeilles !

S’il existe autant de fraudes sur le marché, c’est malheureusement parce que l’offre de miel n’arrive plus à suivre la demande. La surexploitation des ruches, les maladies parasitaires, la destruction de la biodiversité ainsi que l’usage intensif d’insecticides sur les cultures sont les facteurs d’un déclin dramatique des abeilles. La France et la Belgique sont les deux pays européens où les abeilles meurent le plus, avec 30% de disparition des colonies chaque année. La production de miel est donc impactée : entre 1990 et aujourd’hui, la quantité de miel produit en France a diminué de 50%.

Par ailleurs, si on a la chance pouvoir profiter des vertus du miel, il est aussi bon de rappeler que le miel est la nourriture des abeilles, et qu’elles le produisent en vue de faire leurs provisions pour l’hiver ! En ne laissant aucun miel aux abeilles pendant la saison hivernale, certains apiculteurs déciment la colonie. Or, les abeilles sont indispensables à la survie de la majorité des fleurs et espèces végétales, et donc de la production de céréales, fruits, légumes, noix, épices, cacao, café, etc. Ainsi, c’est 35% de la production alimentaire mondiale que l’on doit aux abeilles et qui risque de disparaître avec elles.

Le miel est un produit extrêmement précieux qu’il est donc important d’acheter en connaissance de cause. Pour cela, on favorise une apiculture respectueuse des abeilles, de leur écosystème et de l’environnement. Il est même aujourd’hui possible de parrainer une ruche en France pour favoriser la prolifération locale des abeilles, par exemple grâce au mouvement Un Toit pour les abeilles, ou encore à L’Association Mécènes et Parrains d’Abeilles (AMPA) .

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572 commentaires

  1. Colette

    Comment savoir????

  2. Jonathan

    Bonjour,

    Article très interessant, juste une petite question concernant le dernier paragraphe. Il est dit qu’en France et en Belgique chaque année, 30% des colonies meurent. Doit-on comprendre que dans environs 3 ans il n’y aura plus d’abeilles dans ces 2 pays? Y a-t-il une régénération des essaims? Où importe-on des colonies pour compenser ses pertes?

  3. Lokhandwala

    Bonjour Yuka.
    Je vous remercie infiniment de nous informer les bonnes qualités de certains produits de la même marque.
    Cela est rassurant pour notre alimentation. Nous savons ce que nous mangeons dans notre assiete.
    Bravo et félicitations pour ces renseignements enrichissants et intéressants.
    Rubis LOKHANDWALA

  4. Jean-Marc Rolland / Ilanga Nature / miels de Madagascar

    Ne serait-ce pas le NECTAR au lieu du POLLEN sur l’image plus haut que les abeilles s’échangeraient pour produire le miel ? 😉
    Sinon d’avis d’un expert chinois en novembre 2019, cela serait plutot près de 70% des miels qui seraient faux en europe … donc exit les miels sans traçabilité et les mention « EU et NON EU » que l’on retrouve même à Madagascar puisque les européens n’en veulent plus 🙁

  5. Essadeq Rachid

    Merci pour votre énergie et votre professionnalisme.

  6. Bufquin

    Merci. Cet article est très intéressant et éclairant.

  7. Bos

    Bonjour,
    Toutes ces informations sont exactes et très intéressantes mais il manque un détail très important dans le dernier paragraphe.
    Comme nous pouvons le constater en consultant les sites de ces associations de parrainage qui soutiennent des apiculteurs qui comme tous les apiculteurs non biologiques, aujourd’hui, utilisent des ruches à cadres et traitent leurs colonies à l’amitraze. Renseignez-vous sur ce neurotoxique qui est utilisé pour traiter la varroose, du nom de ce parasite, Varroa destructor, qui décime les essaims européens depuis plusieurs années. Ce neurotoxique était utilisé, il y a quelques années, dans des produits pour les traitements des poux à l’époque où nous étions peut-être encore que des enfants. Il est aujourd’hui interdit pour le traitement des poux, pour les conséquences qu’il a pu provoquer mais il n’est pas interdit dans nos ruches, même en France.
    Ce neurotoxique engendre plusieurs problèmes, notamment chez l’abeille et inévitablement chez l’être humain.
    N’hésitez pas à me contacter pour plus de précisions. Je vous remercie pour l’intérêt que vous porterez à ce sujet. Nous pouvons aussi nous rencontrer pour en discuter.

    1. elise

      Je ne suis pas sur Facebook je ne peux pas m’inscrire ! Mais j’apprécie beaucoup YUCA vous êtes de bon conseil ayant le diabète je dois faire attention merci YUCA🤔👍🙋‍♀️

  8. Jarrige

    Grand merci pour vos informations vitales et éducatives. Dans quel cas le miel est- il chauffé par l’apiculteur?

  9. Elizabeth

    Un grand Merci🤗pour votre travail…!

    1. Jouveaux

      Bonsoir, j’ai du mal à vous croire car j’ai acheté du miel venant d’apiculteurs l’application me dit qu’il est médiocre, donc je prends un autre miel venant d’Espagne, du miel d’oranger et l’application me marque bon alors il faudrait me dire où est l’erreur merci

      1. Anonyme

        Car le miel c’est sucré donc médiocre pour la santé il faut en consommé a petite dose c’est comme tout, qu’il soit bio ou pas

      2. Garcia

        Merci infiniment yuka pour toutes les informations que vous nous fournissez

  10. Anonyme

    Un grand Merci🤗pour votre travail…!

    1. PARIS

      Excellentes informations ! V
      ous êtes des acteurs indispensable pour nous rendre responsables de la préservation de notre planète et surtout celle des générations futures. Merci beaucoup et continuez dans ce sens sans rien lâcher pour faire surtout évoluer les décisions des autorités des pays du monde entier !!!

    2. Anonyme

      Merci yuka

  11. Sylvie

    Vous conseillez de manger du miel bio. Qu’appelez vous miel bio exactement? J’ai déjà vu nombre de miels étiquetés bio, mais comment peut on contrôler que les abeilles, capables de parcourir des dizaines de kilomètres pour trouver du pollen, ne butinent que des fleurs non contaminées par des pesticides? Je pense réellement que l’appellation bio pour le miel n’est qu’un argument de vente et non pas une réalité… D’autant que même si le rucher est entouré de cent kilomètres de cultures et élevages bio, on sait que les vents peuvent transporter des produits sur des milliers de kilomètres…

    1. Anonyme

      Je suis d’accord c’est ce qui me dérange avec le « bio » car on sais qu’il qu’il n’y a pas d’ajout de pesticide ou autre mais au final il y a en quand même.. c’est comme ce qui pousse dans les champs on ne sais pas comment sont les nappe freatique finalement…

  12. Davoine Paule

    Merci, car je cosomme beaucoup
    de miel. J’ai bien apprécié vos conseils.

  13. Diademe

    Merci Yuka pour ces précieuses informations. C’est clair, net et précis.

    1. manfredi

      très satisfaite d avoir créé l application Yuca car très utile ns donne des informations super interessantes et impotantes a savoir merçi

    2. Chameau

      Moi je mange environ 5 kilos miel de Sahara tout les mois ,je me porte bien,merci

  14. Najet Karoui

    Est ce que acheter du 🍯 miel Bio en Vrac d origine Espagne d’ un magasin qui vend que de produits Bio,.,,, Bio cop,,, peut être mélanger avec le sero

  15. Karoui Najet

    Merci pour cette explication bien détaillé sur le vrai 🍯 miel
    Comment participer à soutenir un toit pour les abeilles

  16. Brique

    Le problème de ne pas noter le miel, c’est que certains miels viennent de très loin et une bonne partie d’entre eux ont du sucre ajouté

    1. Joulie

      Bonjour , ma photo d une bouteille de sirop d agave bio( sunny) ne peu être noter la raison vous notez pas le miel ? Pouvez vous m expliquer merci bon dimanche

  17. Francine Asso

    Vos articles sont toujours très intéressants et Yuka demeure un allié fidèle de mes courses alimentaires et cosmétiques. Merci pour votre beau travail !