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Le dioxyde de titane, un ingrédient très controversé

Le dioxyde de titane est un minéral composé d’oxygène et de titane. Il connaît de nombreuses applications puisqu’on le retrouve dans l’alimentation, les produits cosmétiques ou encore dans les médicaments.

On le retrouve dans les produits sous différentes appellations : CI7789, E171, Blanc de titane,TiO2, Titanium dioxyde, etc.

Où le trouve-t-on ?

Le dioxyde de titane connaît de nombreuses applications. Il est notamment utilisé dans :

  • L’alimentation : il est utilisé comme colorant blanc dans les bonbons, biscuits ou encore chewing-gums.
  • Les cosmétiques : il sert également de colorant blanc dans les dentifrices, ou encore les crèmes. Il sert aussi de filtre anti-UV dans de nombreuses protections solaires.
  • Les médicaments : plus de 4000 médicaments en contiendraient
  • Les peintures et revêtements

Le problème des nanoparticules

Le problème du dioxyde de titane se pose notamment quand il est présent sous forme de nanoparticules. Les nanoparticules sont des molécules artificielles de très petite taille (elles sont 50 000 fois plus fines qu’un cheveu). Elles sont obtenues en réduisant certains matériaux comme l’argent, le silicium ou l’oxyde de titane.

Or, ces molécules de très petite taille peuvent passer différentes barrières physiologiques, comme la barrière cutanée, et pénétrer dans l’organisme. Du fait de leur composition et de leur transformation en contact avec d’autres éléments (sang, salive,…), les effets des nanoparticules sur l’homme peuvent varier et restent encore difficiles à évaluer. Elles peuvent pénétrer dans certaines parties du corps et pourraient alors s’y accumuler. Mais du fait de leur très petite taille, elles sont très difficiles à détecter et donc à quantifier dans les cellules.

Depuis 2013, la réglementation européenne oblige les fabricants à apposer la mention [nano] avant le nom de l’ingrédient concerné. Cela s’applique aux produits alimentaires et cosmétiques, mais malheureusement pas aux médicaments dont l’étiquetage est moins encadré. Cette obligation d’étiquetage, qui impose une plus grande transparence sur la composition des produits, comporte cependant deux principales limites :

  • Tout d’abord, difficile de savoir si cela est vraiment respecté. Des tests réalisés par l’association 60 millions de consommateurs sur 18 produits alimentaires ont montré que tous contenaient un taux élevé de dioxyde de titane sous forme de nanoparticules sans que cela soit mentionné. De la même manière, UFC Que Choisir a testé 16 produits alimentaires et cosmétiques et a déposé 9 plaintes contre des fabricants pour non-respect de l’obligation légale de signalement sur l’emballage. Les fabricants contestent cependant les méthodes de mesure des nanoparticules utilisées par ces deux associations.
  • Par ailleurs, la Commission a défini qu’un matériau est « nano » s’il contient « au minimum 50 % de particules de dimensions comprises entre 1 nm et 100 nm ». Cela signifie donc que du dioxyde de titane composé à 49% de nanoparticules n’a pas l’obligation de se voir apposer la mention [nano].

Les risques potentiels

  • Dioxyde de titane inhalé

Lorsqu’il est inspiré, il conduit alors à l’exposition des poumons : c’est le cas le plus problématique. Cela peut par exemple se produire lorsqu’une pièce a été repeinte avec une peinture contenant du dioxyde de titane.

Ainsi, il a été classé comme cancérogène avéré par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et suspecté d’être cancérogène par l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques ) par inhalation sans distinction de forme (nanoparticules ou pas).

Il est donc à éviter en particulier dans les produits type sprays et aérosols quelle que soit sa forme. En tant que filtre UV, son utilisation sous forme nano est dans tous les cas interdite dans les sprays et aérosols.

  • Dioxyde de titane avalé

Par voie orale (alimentation, médicaments, mais aussi dentifrice si avalé), le dioxyde de titane est suspecté d’être cancérigène, sans distinction de forme.

En effet, une étude de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) de janvier 2017 a montré que l’exposition chronique de rats au dioxyde de titane (partiellement nanométrique) par voie orale serait susceptible d’entraîner des lésions précancéreuses et des troubles du système immunitaire (effets observés chez 40% des animaux de l’étude). L’étude montre que le dioxyde de titane avalé pénètre la paroi de l’intestin et se retrouve dans l’organisme.

Les résultats de l’étude ne permettent toutefois pas de conclure sur les effets du dioxyde de titane sur l’Homme. L’ANSES a donc souligné la nécessité de réaliser des études complémentaires.

Au vu de ces risques potentiels, Yuka a signé une tribune dans Le Monde aux côtés d’une vingtaine d’organisations comme L’UFC Que Choisir et 60 Millions de consommateurs pour le retrait de ce colorant dans l’alimentation.

  • Dioxyde de titane appliqué sur la peau

Il est utilisé dans de nombreux produits en tant que colorant blanc (dentifrices, crèmes), opacifiant (poudres de maquillage, fonds de teint) ou encore filtre UV dans un très grand nombre de protections solaires.

Lorsqu’il n’est pas présent sous forme de nanoparticules, les particules seraient trop grosses pour rentrer dans la peau et il ne poserait alors pas de problème (même s’il manque d’études sur le sujet).

En revanche, le problème peut se poser lorsqu’il est présent sous forme de nanoparticules. Sa présence sous forme de nanoparticules dans les protections solaires a un caractère purement esthétique : les nanoparticules empêchent la formation du fameux film blanc laissé sur la peau après l’application.

Selon l’ANSM, le risque se pose surtout pour les peaux lésées (par coup de soleil par exemple) ou perméables (enfants de moins de 3 ans notamment) qui faciliteraient la pénétrance des nanoparticules. L’ANSM recommande de ne pas utiliser les produits cosmétiques contenant des nanoparticules de dioxyde de titane sur peau lésée et perméable.

Le règlement cosmétique a été modifié en 2016 pour limiter la concentration maximale de dioxyde de titane comme filtre UV à 25% dans les préparations prêtes à l’emploi (qu’il soit utilisé sous forme micrométrique, nanométrique ou de manière combinée). De plus, il exige des caractéristiques physiques et chimiques strictes pour l’utilisation de ces nanomatériaux, comme la pureté, l’enrobage ou encore la structure.

Sources

  • ANSES : https://www.anses.fr/fr/content/dioxyde-de-titane
  • INRA : http://www.inra.fr/Chercheurs-etudiants/Alimentation-et-nutrition/Toutes-les-actualites/E171-un-danger-identifie-chez-le-rat-un-risque-a-evaluer-chez-l-homme
  • Portail d’information des publics Cancer Environnement du Centre Léon Bérard : www.cancer-environnement.fr/559-Dioxyde-de-titane.ce.aspx
  • ECHA : https://echa.europa.eu/fr/-/titanium-dioxide-proposed-to-be-classified-as-suspected-of-causing-cancer-when-inhaled
  • CIRC : https://monographs.iarc.fr/wp-content/uploads/2018/09/ClassificationsAlphaOrder.pdf
  • Sarah Bettini, Elisa Boutet-Robinet, Christel Cartier, Christine Coméra, Eric Gaultier, Jacques Dupuy, Nathalie Naud, Sylviane Taché, Patrick Grysan, Solenn Reguer,Nathalie Thieriet, Matthieu Réfrégiers, Dominique Thiaudière, Jean-Pierre Cravedi, Marie Carrière, Jean-Nicolas Audinot, Fabrice H. Pierre, Laurence Guzylack-Piriou & Eric Houdeau Food-grade TiO2 impairs intestinal and systemic immune homeostasis, initiates preneoplastic lesions and promotes aberrant crypt development in the rat colon, Scientific Reports, 7:40373, DOI: 10.1038/srep40373
  • Trouiller B, Reliene R, Westbrook A, Solaimani P, Schiestl RH. Titanium dioxide nanoparticles induce DNA damage and genetic instability in vivo in mice. Cancer Res. 2009 Nov 15;69(22):8784-9. doi: 10.1158/0008-5472.CAN-09-2496. Epub 2009 Nov 3. PubMed PMID: 19887611; PubMed Central PMCID: PMC3873219.
  • Hu H, Guo Q, Wang C, Ma X, He H, Oh Y, Feng Y, Wu Q, Gu N. Titanium dioxide nanoparticles increase plasma glucose via reactive oxygen species-induced insulin resistance in mice. J Appl Toxicol. 2015 Oct;35(10):1122-32. doi: 10.1002/jat.3150. Epub 2015 Mar 31. PubMed PMID: 25826740.
  • Guo Z, Martucci NJ, Moreno-Olivas F, Tako E, Mahler GJ. Titanium Dioxide Nanoparticle Ingestion Alters Nutrient Absorption in an In Vitro Model of the Small Intestine. NanoImpact. 2017 Jan;5:70-82. doi: 10.1016/j.impact.2017.01.002. Epub 2017 Jan 18. PubMed PMID: 28944308; PubMed Central PMCID: PMC5604471.
  • Veille Nanos : http://veillenanos.fr/wakka.php?wiki=EffetsNanoSante
  • UFC Que Choisir : https://www.quechoisir.org/actualite-colorant-e171-les-medicaments-aussi-n24269/
  • UFC Que Choisir : https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-nanoparticules-dissimulees-9-plaintes-de-l-ufc-que-choisir-contre-des-fabricants-de-produits-alimentaires-et-de-cosmetiques-n50840/
  • 60 Millions de consommateurs : https://www.60millions-mag.com/2017/08/24/des-nanoparticules-cachees-dans-nos-assiettes-11318
  • 60 Millions de consommateurs : https://www.60millions-mag.com/2018/03/22/medicaments-des-nanos-dans-l-efferalgan-et-le-nurofen-11667

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14 commentaires

  1. Try

    Il serait bien qu’on puisse faire le contraire ( donner le nom du produit sans le scanner et de connaître sa composition)

  2. Les Laboratoires Phytodia

    Pour en savoir plus sur les techniques qui permettent de repérer les nanoparticules : http://phytodia.com/blog/nanoparticules/

  3. de Brabancer

    les médicaments scannés ( code barre) naturopathie ne donnent pas de résultats !!!!! Yuca marche qu’avec des produits alimentaires ?????

  4. mazuir

    y a t-il une pétition pour supprimer le dioxide de titane et surtout dans les médicaments ? Le comble est que je prends un anti cancer Anastrazole Sandoz 1 mg et il en contient dans la pélicule ainsi que dans Atorvastatine Sandoz 10mg (Tahor) anti cholesthérol que je prends aussi tous les jours.
    Merci de nous informer

  5. Anonyme

    le nutella tellement la vie, anti végétarien on aime la viande

  6. Amandine

    Bonjour,

    Merci de bien lire vos sources avant de publier de tels articles. Vous êtes une application très utilisée, il est très important de faire attention à ce que vous écrivez.
    Après avoir lu vos sources, il se trouve qu’aujourd’hui, le TiO2 n’est pas classé cancérigène. Une proposition a été faite pour le classer en « cancérigène supposé » classe 2 par inhalation. Il n’est donc pas classé pour le moment, et le risque cancérigène n’est pas avéré.

    Cordialement.

    1. Anonyme

      la flemme de lire

  7. Godfrey Spencer

    Je ne veux pas devenir obsédé, en même temps j’exige de rester informé. Merci d’y contribuer !

    1. Anonyme

      nul germain nulllll

  8. Fontan

    Les nano-particules (inférieures à 1/10 de micromètre) vont se fixer sur un support avec une force d’adhésion d’autant plus forte qu’elles sont petites en raison de forces à court rayon d’action. Dans l’air elles ont, sous forme nano, une très faible durée de vie. Leur pouvoir de pénétration dans les cellules est tès discutable.

  9. Sebastien DESVIGNES

    Pourquoi le dioxyde de titane contenu dans le dentifrice fluocaril bi-fluoré est-il seulement caractérisé comme « Risque faible » dans l’app Yuka si sa dangeurosité est (presque) avérée. Ne faut il pas appliquer le principe de précaution ?
    Sebastien

    1. Delphine BUGEAT

      Bonjour, je suis assez d’accord avec Sébastien.

      1. Anonyme

        fais toi un avis conasse

    2. Anonyme

      Bonjour Sébastien,
      C’est avec grande surprise que je découvre cela aujourd’hui également en ouvrant mon application Yuka, puisqu’il y a quelques mois encore le dioxyde de titane était caractérisé comme « risque élevé »