Perturbateurs endocriniens : une bombe à retardement ?

Au cours du XXe siècle, plus de 100 000 molécules ont été conçues par l’industrie chimique1. Aujourd’hui, 40 000 à 60 000 produits chimiques industriels sont vendus dans le monde2. Nombre d’entre eux contiennent des substances reconnues ou suspectées d’être des perturbateurs endocriniens.

Omniprésents depuis quelques années dans les médias, les perturbateurs endocriniens le sont aussi dans notre quotidien : on peut les trouver dans notre alimentation, nos vêtements, nos meubles, ou encore simplement dans l’eau que l’on boit et l’air que l’on respire. Mais que sont-ils exactement, pourquoi sont-ils tant incriminés et existe-t-il des solutions pour y échapper ?

Le chercheur et biologiste Jean-Baptiste Fini, spécialiste des perturbateurs endocriniens, nous aide à y voir plus clair dans ce décryptage.

Qu’est-ce que les perturbateurs endocriniens ?

Selon la définition de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), les perturbateurs endocriniens sont “des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien (c’est-à-dire le système hormonal) et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants”³.

Pour comprendre comment agissent les perturbateurs endocriniens, il faut d’abord comprendre le fonctionnement des hormones. Dans une situation normale, notre corps sécrète des hormones qui jouent le rôle de messagers chimiques : elles vont permettre la communication de nos organes entre eux afin de provoquer des réactions diverses. Notre cerveau va quant à lui jouer le rôle de chef d’orchestre de la cinquantaine d’hormones que nous produisons.

Ces hormones vont permettre la mise en place des organes et contrôler des processus à long terme comme la croissance, la reproduction et le développement. Elles sont aussi des actrices clés de notre physiologie, et vont notamment permettre la régulation de notre appétit, de notre température, de notre sommeil ou encore de notre humeur.

Le problème des perturbateurs endocriniens est qu’ils vont interférer avec le fonctionnement des hormones naturelles et brouiller leur message. Ils vont ainsi pouvoir agir de trois façons :

  • Ils peuvent modifier la production de nos hormones naturelles en interférant avec leurs mécanismes de synthèse, de transport, de dégradation ou d’élimination
  • Ils peuvent mimer les actions de nos hormones naturelles en se substituant à elles, ce qui pose problème quand l’action de ces hormones n’est pas requise
  • Ils peuvent bloquer l’action de ces hormones en se fixant à leur place sur les récepteurs avec lesquels elles interagissent

Via ces différentes interférences, les perturbateurs endocriniens ainsi vont affecter différentes fonctions essentielles de l’organisme comme le métabolisme, les fonctions reproductrices ou encore le fonctionnement du système nerveux, avec des conséquences que nous verrons un peu plus bas.

Où les trouve-t-on ?

Les sources d’exposition sont nombreuses car ces ennemis invisibles se cachent un peu partout dans notre environnement quotidien.

Alimentation & eau

  • La présence de certains pesticides dans l’alimentation, en particulier dans les fruits et légumes, contribuent fortement à notre exposition aux perturbateurs endocriniens. Ainsi, parmi les 90 pesticides réévalués par l’Efsa depuis 2018, 10 ont été identifiés comme des perturbateurs endocriniens.
  • Certains additifs alimentaires comme le BHA (E320) ou le BHT (E321) font partie des additifs suspectés de présenter des effets de perturbation endocrinienne4-7
  • L’eau du robinet peut également contenir des perturbateurs endocriniens à cause de sa contamination en pesticides ou produits pharmaceutiques (contraceptifs notamment)

Emballages alimentaires & ustensiles de cuisine

  • On peut retrouver des perturbateurs endocriniens dans certains emballages, en particulier le film plastique et les emballages plastiques. Or, des plastifiants (phtalates par exemple) peuvent migrer vers l’alimentation, en particulier lors du chauffage8
  • La contamination peut aussi venir de certains emballages alimentaires en papier et en carton qui peuvent contenir des composés perfluorés (boîtes à pizzas ou sachets de popcorn micro-ondables par exemple). Ces emballages peuvent aussi générer des huiles minérales, provenant notamment des encres et adhésifs des emballages, qui peuvent présenter des effets de perturbation endocrinienne. Celles-ci peuvent migrer vers les aliments9,10.
  • Les ustensiles de cuisine avec revêtements anti-adhésifs peuvent contenir des substances, notamment des perfluorés (PFOA, PFOS), qui agiraient comme perturbateurs endocriniens.

Médicaments

  • Certains médicaments pourraient présenter des effets endocriniens11
  • Chez la femme, les contraceptifs comme la pilule sont par définition des perturbateurs endocriniens dans la mesure où ils modifient le fonctionnement des hormones pour éviter l’ovulation
  • Les médicaments ont pour objectif de soigner et le problème ne concerne pas tant le sujet de la santé où ils apportent davantage de bénéfices que de risques, mais plutôt l’impact environnemental (voir plus bas)

Produits ménagers & produits d’hygiène

  • De nombreux produits ménagers contiennent des substances reconnues ou suspectées d’être des perturbateurs endocriniens, comme des conservateurs ou des agents de textures (triclosan, phtalates ou certains parabènes par exemple)
  • De la même manière, on peut retrouver ces substances dans les produits de beauté et d’hygiène (déodorants, shampoings, maquillage, dentifrices, etc.).

Maison & ameublement

  • De nombreux produits de maison et ameublement contribuent à la pollution de l’air intérieur, notamment parce qu’ils contiennent des retardateurs de flamme bromés – substances ayant pour objectif de limiter les risques d’incendie – dont certains ont été décrits comme perturbateurs endocriniens
  • Les produits en tissus (rideaux, moquette, literie, etc.) contiennent ces retardateurs de flamme ou des substances anti-tâches (perflurorés) dont certaines sont des perturbateurs endocriniens potentiels
  • Les meubles peuvent émettre de multiples substances volatiles problématiques, comme le formaldéhyde. Les meubles en bois aggloméré sont particulièrement concernés car ces substances se retrouvent essentiellement dans la colle qui sert à amalgamer le bois
  • Les peintures peuvent également contenir des perturbateurs endocriniens potentiels, en particulier les peintures notées B et C qui sont celles qui émettent le plus de composés chimiques

En 2019, une étude de Santé Publique France a révélé que des perturbateurs endocriniens avérés ou suspectés étaient présents dans l’organisme de tous les Français, avec des taux d’imprégnation plus élevés chez les enfants. Chez l’ensemble des Français ont été retrouvés 6 grandes familles de perturbateurs : bisphénols, parabènes, phtalates éthers de glycol, retardateurs de flamme bromés, composés perfluorés. Selon Santé Publique France, les niveaux d’imprégnations mesurés sont comparables à ceux d’autres études menées à l’étranger, notamment aux États-Unis et au Canada¹².

Bisphénol A : à quand une interdiction européenne ?

Le Bisphénol A (BPA) est une substance que l’on trouve dans de nombreux plastiques. Il a été interdit en France en 2010 dans les biberons et en 2015 dans les contenants alimentaires, à cause de ses effets de perturbation endocrinienne.

En 2019, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a classé le bisphénol A comme “substance extrêmement préoccupante” en raison de ses effets sur l’ovulation, l’apprentissage et la mémoire13. Pourtant, il reste autorisé dans d’autres pays européens : l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a revu à la baisse la DJA (dose journalière admissible) en décembre 2021 mais ne l’a pas interdit et la plupart des pays européens l’utilisent encore dans des produits à risque comme les biberons.

L’autre problème est que les molécules de substitution utilisées aujourd’hui – Bisphénol F et Bisphénol S – pourraient s’avérer tout aussi problématiques sur le Bisphénol A. Aujourd’hui, de nombreuses études suggèrent que leurs effets sont comparables à ceux du Bisphénol A14-16. Des démarches sont en cours auprès de l’ECHA (European Chemicals Agency) pour mieux encadrer l’utilisation de ces nouvelles substances.

Quels sont leurs effets ?

Les effets avérés ou suspectés des perturbateurs endocriniens sont nombreux, qu’il s’agisse de la santé ou de l’environnement.

Les effets sur la santé

Selon une étude de Santé Publique France de 2021, plus de cinquante effets sanitaires attribuables aux perturbateurs ont été identifiés17. Les principaux effets connus à ce jour des perturbateurs endocriniens sont les suivants :

1. Effets sur la reproduction

Les perturbateurs endocriniens affectent la fonction reproductive à plusieurs niveaux. Ils peuvent altérer le développement des fonctions reproductrices des individus dès la naissance : une exposition précoce peut ainsi entraîner une prédisposition à développer des troubles de la puberté et/ou de la fertilité18.

Les perturbateurs endocriniens peuvent notamment impacter la reproduction des hommes et des femmes en empêchant la spermatogenèse (formation des spermatozoïdes) et l’ovogenèse (formation des ovocytes), avec pour conséquence une baisse de la fertilité19,20,23.

L’exposition aux perturbateurs endocriniens pourrait également être impliquée dans l’apparition de malformations des testicules et des ovaires, le développement d’une endométriose ou encore du syndrôme des ovaires polykystiques21-25.

Enfin, la puberté précoce est également suspectée d’être favorisée par une exposition aux perturbateurs endocriniens. Les filles seraient 10 fois plus souvent atteintes que les garçons26.

2. Obésité et diabète

L’exposition aux perturbateurs endocriniens contribuerait à l’augmentation de l’obésité et du diabète. En effet, l’alimentation trop riche et le manque d’activité ne semblent pas expliquer à elles seules l’épidémie d’obésité et de diabète observée dans les pays industrialisés.

En modifiant le fonctionnement de certaines hormones, les perturbateurs endocriniens perturberaient les mécanismes de régulation du métabolisme des glucides et des lipides, de l’appétit et de la satiété27,28. En particulier, ces perturbateurs endocriniens agiraient lors du développement fœtal, déréglant alors pour la vie la balance énergétique de l’individu, c’est-à-dire l’équilibre entre apports et dépenses énergétiques, et favorisant l’obésité29-32.

L’exposition aux perturbateurs endocriniens, en entraînant des anomalies dans la régulation et la sécrétion d’insuline, peut conduire à une insulino-résistance, un élément clé à l’origine du diabète de type 233.

3. Troubles du développement

Les perturbateurs endocriniens seraient impliqués dans différents troubles du comportement chez l’enfant : hyperactivité, troubles relationnels, troubles émotionnels, symptômes d’anxiété, comportements plus agressifs34-36

Par ailleurs, en interférant avec le fonctionnement de l’hormone thyroïdienne, qui est cruciale pour le développement du cerveau, les perturbateurs endocriniens joueraient un rôle dans la baisse du quotient intellectuel et de nos capacités cognitives37-41.

4. Cancers

Certains perturbateurs endocriniens pourraient augmenter l’incidence de la survenue de cancers hormono-dépendants : cancer du sein, des ovaires, de la prostate, des testicules, de la thyroïde. Une exposition in utero ou à un jeûne âge pourrait favoriser ces cancers à l’âge adulte42-48.

Des périodes de plus grande vulnérabilité

Nous sommes plus vulnérables aux perturbateurs endocriniens à certaines périodes de notre vie durant lesquelles les tissus et organes sont en cours de développement, et où notre corps connaît de grands bouleversements hormonaux.

Les périodes les plus sensibles correspondent au développement du fœtus (mère et foetus sont vulnérables), à la petite enfance et à la puberté. La période des 1 000 premiers jours de vie, de la conception jusqu’à 2 ans, est une période particulièrement cruciale qui influence la santé future de l’individu. Il faut donc être spécialement attentif à notre exposition à ces substances pendant ces périodes.

Les effets sur l’environnement

Au vu de leur présence massive dans notre quotidien, les perturbateurs endocriniens vont se répandre dans l’environnement et affecter l’ensemble des organismes vivants. Les pesticides vont ainsi contaminer les sols et les rivières, et nos produits ménagers vont se retrouver dans les stations d’épuration où les perturbateurs seront peu ou mal filtrés (car non listés parmi les produits à éliminer) avant que l’eau ne soit ensuite rejetée en milieu naturel.

Les perturbateurs endocriniens peuvent affecter l’ensemble des êtres vivants car tous les êtres vivants ont des hormones. Plus encore, les hormones sont exactement les mêmes chez tous vertébrés. Leurs fonctions peuvent varier mais leur structure est identique. Chez l’humain en développement, l’hormone thyroïdienne va permettre la maturation du cerveau, tandis que, chez l’adulte, elle va permettre de réguler notre humeur et notre chaleur corporelle. Son rôle est encore plus spectaculaire chez les amphibiens où elle va contrôler la métamorphose d’un têtard en grenouille. C’est pourquoi un médicament anti-thyroïdien qui se retrouverait dans une mare empêcherait alors la métamorphose du têtard en grenouille.

De nombreuses études ont mis en évidence différentes anomalies chez les animaux attribuables aux effets néfastes de certains perturbateurs endocriniens. Ces effets ont été observés chez des populations de poissons, de reptiles, invertébrés ou encore d’oiseaux. Les exemples des effets de polluants pouvant impacter la physiologie des êtres vivants sont trop nombreux pour que nous puissions tous les aborder ici. Nous décrirons donc deux exemples avec le pesticide DDT et le phtalate DEHP.

Le DDT est un insecticide persistant répandu massivement après la seconde guerre mondiale. Des effets toxiques importants ont été relevés sur les populations aquatiques et terrestres dans les régions où il avait été épandu. Ainsi, différentes études ont mis en lumière un lien entre l’épandage de DDT et l’amincissement des coquilles des oiseaux, avec pour conséquence une éclosion trop précoce et donc une hausse de la mortalité49-52. Des problèmes de reproduction ont également été observés sur des alligators mâles dans un lac de Floride dans les années 1980, et ont entraîné un important déclin de cette population d’alligators. Ce déclin a été attribué à la trop grande quantité de DDT épandu plusieurs dizaines d’années auparavant et ayant entraîné des anomalies des organes reproducteurs des alligators53. Le DDT a depuis été interdit par de nombreux pays mais son utilisation à des fins sanitaires (pour lutter contre le paludisme) reste tolérée de façon exceptionnelle54.

Le second exemple concerne le phtalate DEHP, un composé classé comme très préoccupant depuis 2017 par l’Union Européenne. Le DEHP (ou plutôt son produit de dégradation, le MEHP) est détectable chez quasiment tous les vertébrés terrestres ou marins55,56. Les effets à des doses inférieures aux normes peuvent engendrer des effets insoupçonnés. Chez la souris il a été montré qu’une exposition du fœtus à ces phtalates engendre ensuite un comportement sexuel altéré chez les mâles et rend également leur cerveau plus accessible aux polluants57.

Il ne s’agit ici que de deux exemples mais bien d’autres effets environnementaux attribuables aux perturbateurs endocriniens ont été observés par les scientifiques.

Les perturbateurs endocriniens sont aujourd’hui peu réglementés

Il n’existe à ce jour pas de liste unique et officielle de perturbateurs endocriniens. En France, une liste de 900 substances d’intérêt et une stratégie de priorisation ont été publiées par l’ANSES en avril 2021 afin d’accélérer l’identification des perturbateurs endocriniens.

Il n’existe pas encore d’obligation de tester les produits (additifs alimentaires, cosmétiques, médicaments, jouets, emballages, etc.) pour leurs effets endocriniens avant mise sur le marché : ni le produit fini ni ses composants ne font l’objet d’une obligation d’évaluation sur ce sujet.

Depuis 2018, au sein de l’Union Européenne, seuls les pesticides et les biocides doivent faire l’objet d’une évaluation du caractère endocrinien avant mise sur le marché. Les pesticides et biocides actuellement commercialisés doivent faire l’objet d’une évaluation de façon rétroactive – qui peut alors conduire à leur restriction voire à leur interdiction – mais ce processus va malheureusement prendre du temps. Pour les autres catégories de produits, un document guide est attendu pour 2022.

Dans le cadre du règlement européen REACH, qui date de 2007, les substances présentant des propriétés perturbateurs endocriniens peuvent être identifiées comme SVHC (substances extrêmement préoccupantes) mais cela ne conduit pas nécessairement à leur interdiction. Des dossiers sont soumis par les Etats Membres : tous les États Membres votent ensuite sur le devenir du produit en question. En 2021 par exemple, malgré les preuves d’un effet du résorcinol (ingrédient que l’on retrouve notamment dans les produits cosmétiques) sur la thyroïde, les Etats Membres n’ont pas voté son interdiction.

La réglementation des perturbateurs endocriniens est donc lacunaire à ce jour, et il est indispensable qu’elle évolue pour pouvoir protéger les consommateurs.

Des effets même à faible dose

Certains perturbateurs endocriniens mettent à mal la règle longtemps considérée comme infaillible en toxicologie selon laquelle “la dose qui fait le poison”. En effet, diverses études ont montré qu’ils seraient susceptibles d’agir à de très faibles doses.

Les études montrent même que de faibles doses peuvent engendrer des effets supérieurs à ceux produits par de fortes doses. On peut aller jusqu’à observer pour certaines substances un effet à faible dose et une absence d’effet à forte exposition58,59.

Les travaux de Sarah Jenkins sur le Bisphénol A montrent par exemple que, sur des souris sur lesquelles une tumeur a été greffée, le BPA agit ensuite sur le volume des tumeurs. Les effets du BPA sur le développement de tumeurs sont observés chez les rongeurs à des doses très faibles, inférieures à la DJA (dose journalière admissible). Puis, c’est à des doses intermédiaires que l’on observe les effets les plus forts sur le volume des tumeurs, alors que les effets diminuent ensuite à des doses très fortes60.

De la même manière, une étude sur les phtalates a montré un effet de ces substances sur le comportement des souris lorsqu’ils sont présents à faible dose, mais pas à forte dose61.

Le même effet a été observé pour les composés perfluorés – comme le PFOS – utilisés dans de nombreux produits de consommation courante comme imperméabilisants textiles, dans les revêtements antiadhésifs, ou dans certains emballages alimentaires. Une étude réalisée sur des têtards a montré que le PFOS perturbe le bon fonctionnement des hormones thyroïdiennes à des doses intermédiaires, mais pas à des doses faibles ou élevées38.

Un « effet cocktail » inquiétant

Un autre problème important se pose concernant les perturbateurs endocriniens : ils peuvent potentiellement devenir plus nocifs s’ils sont mélangés. En d’autres termes, plusieurs substances en-dessous des seuils réglementaires (considérés comme protecteurs) pourraient donner naissance à un effet de perturbateur endocrinien. C’est ce qu’on appelle “l’effet cocktail”62-64. L’existence de cet effet remet en question l’évaluation du risque actuellement fondée sur une évaluation individuelle des molécules, et qui ne semble pas adaptée à la réalité de l’exposition aux mélanges.

Une étude internationale publiée en 2022 a montré que l’exposition à un mélange de produits chimiques (phtalates, phénols et perfluorés) a des effets de perturbation endocrinienne et que la surexposition pendant la grossesse a des effets sur le bon fonctionnement du cerveau des enfants en entraînant notamment un retard de langage65.

Cet “effet cocktail” complique considérablement l’étude des perturbateurs endocriniens : pour étudier cet effet, il faudrait tester tous les mélanges possibles avec les milliers de substances chimiques susceptibles d’avoir des effets endocriniens.

Comment les éviter ?

Il est aujourd’hui difficile de les éviter car ils sont devenus omniprésents dans notre environnement, mais il est possible de limiter autant que possible notre exposition, en attendant qu’une réglementation appropriée voie le jour et interdise ces substances.

Emballages alimentaires & ustensiles de cuisine

  • Eviter de consommer trop d’aliments ayant été en contact avec des emballages plastique
  • Utiliser des matériaux inertes (verre, acier inoxydable, céramique) pour la préparation et le stockage des aliments
  • Ne pas faire réchauffer ses aliments dans des contenants en plastique
  • Favoriser l’achat de produits issus de l’agriculture biologique
  • Réduire sa consommation d’aliments ultra-transformés pouvant contenir des additifs problématiques
  • Eviter les ustensiles anti-adhésifs (poêles notamment) et jetez votre poêle anti-adhésive dès que le revêtement est abîmé
  • Utiliser du sel iodé pour éviter les carences en iode, l’iode étant indispensable pour la synthèse des hormones thyroïdiennes

Entretien & hygiène

  • Réduire l’utilisation de produits ménagers non nécessaires et privilégier des produits naturels comme le vinaigre blanc, le bicarnonate de soude et le savon de Marseille
  • Éviter les produits cosmétiques avec des conservateurs tels que les parabènes
  • Privilégier la cosmétique bio qui interdit l’utilisation de nombreuses substances problématiques
  • Utiliser des couches bio ou lavables pour les bébés (le coton des couches peut contenir des résidus de pesticides problématiques)
  • De la même manière, privilégier les protections hygiéniques (serviettes, tampons) à base de coton bio

Maison & ameublement

  • Aérer tous les jours pendant 15 minutes votre intérieur et passer régulièrement l’aspirateur : la pollution intérieure est une source importante d’exposition aux perturbateurs endocriniens
  • Éviter l’emploi d’aérosols (désodorisants, imperméabilisants, désinfectants), de bougies ou encens qui contribuent à la pollution de l’air
  • Éviter la moquette et les revêtements de sol en polychlorure de vinyle
  • Laver les textiles neufs (housses, coussins, tapis, rideaux…)
  • avant de les utiliser) ou opter pour des textiles de seconde main
  • Privilégier les meubles en matières naturelles non traitées, et éviter les meubles en PVC ou contre-plaqué qui contiennent des colles et plastifiants qui vont relarguer des composés volatiles dans l’intérieur.
  • Opter pour des meubles de seconde main
  • Préparer autant que possible la chambre d’un nouveau-né plusieurs semaines avant la naissance, en aérant bien tous les jours
  • Eteindre son ordinateur et son téléphone portable la nuit (ou a minima mettre en veille ou mode avion), car les cartes mères électroniques contiennent des retardateurs de flamme qui relarguent des composés volatiles lors du fonctionnement

Vêtements

  • Laver ses vêtements neufs avant de les porter
  • Ne porter des vêtements techniques en fibres synthétiques que lors d’une séance de sport

Jouets pour enfants

  • Laver les jouets neuf à l’eau et au savon avant de les donner à son enfant
  • Privilégier les jouets pour enfants en bois massif et en tissu bio
  • Limiter les jouets en plastique ou en bois traité, surtout s’ils sont portés à la bouche
  • Opter pour des jouets de seconde main (avec fabrication récente)

Sources

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  • ⁴⁰ Caporale N et al. From cohorts to molecules: Adverse impacts of endocrine disrupting mixtures. Science. 2022 Feb 18;375(6582):eabe8244.
  • ⁴¹ https://chemtrust.org/wp-content/uploads/chemtrust-nobrainer-mar17.pdf
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  • ⁴³ Barbara A. Cohn, Michele La Merrill, Nickilou Y. Krigbaum, Gregory Yeh, June-Soo Park, Lauren Zimmermann, Piera M. Cirillo, DDT Exposure in Utero and Breast Cancer, The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, Volume 100, Issue 8, 1 August 2015, Pages 2865–2872
  • ⁴⁴ https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/exposition-a-des-substances-chimiques/perturbateurs-endocriniens/documents/rapport-synthese/etude-peps-pe-priorisation-des-effets-sanitaires-a-surveiller-dans-le-cadre-du-programme-de-surveillance-lie-aux-perturbateurs-endocriniens-de-sa
  • ⁴⁵ Kahn LG, Philippat C, Nakayama SF, Slama R, Trasande L. Endocrine-disrupting chemicals: implications for human health. Lancet Diabetes Endocrinol. 2020 Aug;8(8):703-718.
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  • ⁵⁵ Caporale et al. From cohorts to molecules: Adverse impacts of endocrine disrupting mixtures. Science. 2022 Feb 18;375(6582):eabe8244.
  • ⁵⁶ Heli Routti, Mikael Harju, Katharina Lühmann, Jon Aars, Amalie Ask, Anders Goksøyr, Kit M. Kovacs, Christian Lydersen, Concentrations and endocrine disruptive potential of phthalates in marine mammals from the Norwegian Arctic, Environment International, Volume 152, 2021, 106458, ISSN 0160-4120,
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  • ⁶¹ Neural mechanisms underlying the disruption of male courtship behavior by adult exposure to Di(2-ethylhexyl) phthalate in mice, Carlos Dombret, Daphné Capela, Kevin Poissenot, Caroline Parmentier, Emma Bergsten, Cédric Pionneau, Solenne Chardonnet, Hélène Hardin-Pouzet, Valérie Grange-Messent, Matthieu Keller, Isabelle Franceschini, Sakina Mhaouty-Kodja. Environmental Health Perspectives, 1er septembre 2017.
  • ⁶² Delfosse V, Huet T, Harrus D, Granell M, Bourguet M, Gardia-Parège C, Chiavarina B, Grimaldi M, Le Mével S, Blanc P, Huang D, Gruszczyk J, Demeneix B, Cianférani S, Fini JB, Balaguer P, Bourguet W. Mechanistic insights into the synergistic activation of the RXR-PXR heterodimer by endocrine disruptor mixtures. Proc Natl Acad Sci U S A. 2021 Jan 5;118(1):e2020551118.
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  • ⁶⁴ Delfosse V, Dendele B, Huet T, Grimaldi M, Boulahtouf A, Gerbal-Chaloin S, Beucher B, Roecklin D, Muller C, Rahmani R, Cavaillès V, Daujat-Chavanieu M, Vivat V, Pascussi JM, Balaguer P, Bourguet W. Synergistic activation of human pregnane X receptor by binary cocktails of pharmaceutical and environmental compounds. Nat Commun. 2015 Sep 3;6:8089.
  • ⁶⁵ Caporale N et al. From cohorts to molecules: Adverse impacts of endocrine disrupting mixtures. Science. 2022 Feb 18;375(6582):eabe8244.

Co-Auteur

Jean-Baptiste Fini

Professeur et biologiste spécialiste des perturbateurs endocriniens au sein du laboratoire Physiologie moléculaire et adaptation, au Muséum national d’histoire naturelle, à Paris.

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272 commentaires

  1. Monique

    J’ai bien aimé les informations sur les propriétés des fruits et des légumes. J’ai été intéressée.par l’exposé sur les perturbateurs endocriniens.

    Répondre
  2. Josette

    Merci pour cet article très intéressant cela nous permet de prendre conscience.

    Répondre
  3. Anonyme
  4. Stefie

    Merci pour cet article, très complet !
    Pour les moins courageux…, lisez au moins les conseils au quotidien et… mettez les en pratique !
    Mais quand enfin la législation sera en harmonie avec l’être humain ?!

    2
    Répondre
  5. Denise

    Je viens de lire votre article maintenant. wouha ! ça fait froid dans le dos. Alors je continue à utiliser l’application et je suis fière de l’avoir fait découvrir a beaucoup de personnes.

    2
    Répondre
    1. Julie de Yuka

      Merci beaucoup Denise 🙂

      Répondre
  6. Céline

    Merci pour cet article et pour vos actions !!
    Continuez 👌

    2
    Répondre
  7. Marie-Pierre

    Grand merci pour cet article très détaillé !

    2
    Répondre
  8. Marc

    Bonjour Yuka
    Il y a quelques mois, vous avez sollicité notre aide et créé une cagnotte Leetchee
    Vous avez récolté 400 000 euros.
    Que faites-vous de cette somme d’argent ?

    7
    Répondre
    1. Julie de Yuka

      Bonjour Marc,

      Si vous avez participé à la cagnotte, tout d’abord un grand merci 🙂 Vous allez recevoir très bientôt un petit mail vous expliquant l’usage de cette somme.

      Nous avons récolté 396 885€ grâce à cette cagnotte. Voici la façon dont a été utilisé ce montant :
      – Les 3 procès nous ont coûté à ce jour 333 949€ HT en frais de défense, la cagnotte a donc permis de couvrir l’intégralité de ces frais
      – Les 62 936€ restant contribueront à couvrir les frais de défense pour les procès en appel dont la première audience est prévue le 27 octobre

      Entre-temps, un rapport de l’ANSES sorti le 12 juillet « confirme l’existence d’une association entre le risque de cancer colorectal et l’exposition aux nitrites et/ou aux nitrates ». L’Anses préconise ainsi de « réduire l’exposition de la population aux nitrates et nitrites par des mesures volontaristes en limitant l’exposition par voie alimentaire ».

      Nous vous tiendrons bien entendu informés de l’issue de ces procès en appel !

      Répondre
  9. Bernard

    Bravo Julie et merci YUKA
    C’est copieux à lire mais ça vaut le détour….
    Merci

    2
    Répondre
  10. Nathalie

    Un blog dont chaque article est passionnant (même s’ils sont souvent anxiogènes !)
    Tout est richement documenté, clair, accessible. Vous faites un travail admirable. Toutes mes félicitations également pour l’appli de scannage. Je ne fais plus mes courses sans elle. Et en cas de point rouge (perturbateurs endocriniens, graisses saturées, etc. je repose l’article dans le rayon :-))

    J’ai également changé tous mes produits cosmétiques grâce à vous.
    Enfin, votre livre est dans la même veine que le reste :-))
    Merci et continuez, votre aide est précieuse au quotidien !

    5
    Répondre
    1. Julie de Yuka

      Un grand merci Nathalie pour votre message, je suis ravie que le blog et l’application vous soient utiles 🙂

      Répondre
  11. Jean-claude

    Merci Julie pour tous ces renseignements qui confirment quelques pratiques adoptées depuis quelques années…mais j’ai appris pas mal de choses… Merci encore !

    2
    Répondre
  12. Agnès

    On peut les enlever de l’eau que nous consommons grâce aux fontaines à osmose inversée. Nous les installons à mon travail. L’eau est revitalisée aussi dans nos fontaines. C’est mieux que les bouteilles en plastique !

    1
    Répondre
  13. patrice

    merci YUKA pour toutes ces infos qui peuvent littéralement nous sauver la vie ! l’agroalimentaire moderne nous innonde de produits empoisonnés……malheureusement, aujourd’hui, ON NE PEUT PLUS AVOIR DE NOURRITURE 100% SAINE car la pollution est partout : même dans mon jardin ou je ne mets aucun produits chimiques ! sans parler de l’eau avec laquelle je lave mes légumes ! on peut juste essayer de trouver des aliments beaucoup moins pollués que les autres en faisant des choix compliqués et fastidieux : mes courses me prennent deux fois plus de temps depuis que j’utilise l’application yuka, mais à qui la faute ? à ceux qui ne savent pas (ou ne veulent pas) faire l’effort de produire une nourriture SAINE !!! j’aurais juste aimé avoir l’appli yuka quand j’etais gosse, ça m’aurait évité d’ingurgiter tout un tas de produits chimiques cachés dans ces aliments de supermarchés ! (le portable n’existait pas encore quand j’étais gosse !) ALORS GRAND BRAVO à tout le travail qui est fait par toute l’équipe de yuka, et surtout MERCI BEAUCOUP pour une particularité de votre appli qui est excellente : c’est tout en bas de la description d’un produit quand on le scanne, il apparait tout un tas de produits sains qui nous sont recommandés !! c’est ce que j’apprécie le plus dans votre appli car c’est déjà bien de savoir en quoi un aliment est nocif, mais c’est encore mieux d’être aiguillé vers un autre produit qui lui….est bien meilleur pour la santé ! merci donc pour VOTRE EXCELLENT TRAVAIL !!
    patrice

    10
    Répondre
    1. Julie de Yuka

      Un très grand merci à vous pour votre message et témoignage ! J’espère bien qu’un jour plus personne n’aura besoin d’utiliser une application comme Yuka (même si malheureusement je pense qu’il y a encore beaucoup de travail…).

      Répondre
  14. Léonie

    Le problème est présent, partout et depuis toujours. Je fais attention, les gros pollueurs sont-ils prêts à changer les habitudes ? Merci Yuka pour ces informations qui sont très riches.

    1
    Répondre
  15. Paula

    Merci YUKA pour toutes ces informations importantes !!

    1
    Répondre
  16. Zeïneb

    Article clair et instructif.
    Merci !!
    Je l’ai partagé.

    Zeïneb

    1
    Répondre
  17. Danièle

    Merci pour cet article très interressant.Nous avons déjà suivi des documentaires à ce sujet et nous essayons dans notre vie de tous les jours de faire attention, mais ce n’est pas évident. J’ai rachetés des bocaux en verre pour la conservation des légumes secs et pates.Je n’achète pas de plats préparés mais je suis à la retraite donc plus disponible.C’est plus qu’inquiétant pour les futures générations et la planète en ggénéral.

    2
    Répondre
  18. Marion

    Merci pour cet article enrichissant.
    Concernant l’eau du robinet: que faire? Est-ce que les solutions de carafes filtrantes peuvent aider? Même si je ne le pense pas…
    Mais je me refuse d’acheter de l’eau en bouteille, plastique…
    Bref. Y a t’il au moins une solution?

    19
    Répondre
    1. Haimura

      Il y a un soucis à cela, c’est la decorations type lieres ( plastique qui sent fort au debut ) et les meubles en pvc etc
      On ne peux échapper à cela à moins d’avoir un appartement avec aucune décoration ou alors une décoration qui coûte une blinde en bois massif, donc forcément on peux essayer d’en éviter plusieurs mais pas les éradiquez tant qu’à la source on en produit.

      Sur la décoration et les meubles je trouve donc que c’était pas forcément utiles de le préciser, malgré tout, un grand merci c’est super intéressant.
      Signé sous le pseudo Haimura, 22 ans.

      1
      Répondre
  19. Dominique Patrick

    Article très interessant bien que stressant.
    Que peut-on faire de plus ou de mieux qu’un « sparadrap sur une jambe cassée » ?
    Dans ma famille se multiplient les cas de stérilité. Est ce que le taux de naissance de filles très élevé pourrait être une conséquence? Bien que d’un milieu, socialement élevé, éduqué et privilégié (consommant bio, étant très respectueux et, pour le moins concerné) les manifestations des conséquences de ces perturbateurs endocriniens sont importantes; alors que faire pour les générations futures?

    5
    Répondre
  20. Danièle

    Merci pour cet article enrichissant. J’ai considérablement changé mon mode de vie (plus aucun produit ménager, alimentation préparée par mes soins, maison carrelée, menuiseries en aluminium…) Mais il en reste encore car changer tous les meubles à un coût, et ces sapristis d’objets électroniques qui nous entourent et qui deviennent indispensables pour prendre le moindre rdv, poser la plus petite question… Merci Yuka !

    1
    Répondre
  21. Sylvie

    Hélas ! 3 fois hélas ! ! ! Il faut vraiment que de plus en plus de personnes soient informées et se sentent concernées… Partageons un maximum ces informations. Et essayons d’éviter tous ces produits faciles dont on nous abreuve depuis des décennies. Reprenons les habitudes simples d’avant la guerre puisqu’il a fallu produire beaucoup pour nourrir tout le monde, et donc polluer. Ou alors, continuons à nous empoisonner au profit des milliardaires, puisque nous sommes de plus en plus nombreux à nourrir. Et continuons donc à épuiser et détruire la TERRE….

    1
    Répondre
  22. Christine

    Très instructif et très précis, c’est tout de même insupportable qu’en connaissance de cause de l’impact et de la dangerosité de ces perturbateurs, on continue à mes utiliser…

    1
    Répondre
  23. Isabelle

    Merci de nous informer du danger de ces produits.. c’est pire que.ce que je pensais..

    1
    Répondre
  24. viviane

    Merci pour cet article sur les perturbateurs endocriniens qui fait froid dans le dos .Nous sommes de plus en plus informés mais complètement impuissants face aux industriels inconscients qui ne respectent pas notre santé mais seulement « l’argent  » ce nerf de la guerre !! Merci à vous pour le courage de nous dire toutes ces choses .

    1
    Répondre
  25. Viviane

    Merci pour cet article. J’ai déjà changé beaucoup de mes habitudes ( produits ménagers, Alimentation ,Produits cosmétique…)

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    Répondre
  26. fabrice

    Merci de cette synthèse …c’est assez inquietant et peu de communication sur ce sujet…

    1
    Répondre
  27. Marie Christine

    Merci Yuka pour ces informations qui nous concernent tous.
    Bonne continuation.

    1
    Répondre
  28. Mouna

    Salut, c’est très intéressent ce que vous tenez à partager avec tout le monde, c’est largement utile.

    Je tiens à vous informer que je fais de la rédaction d’articles scientifiques portant sur plusieurs axes (chimie, biologie, santé, pharmacie, …), si ça vous parait intéressant et vous êtes à la recherche de gens à qui vous considérez confier cette tache, vous êtes libre à me contacter via E-mail : mounabaassi1993@gmail.com

    je vous souhaite une bonne continuation.

    1
    Répondre
  29. Georges

    Très bon article, très intéressant.

    1
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  30. nathalie

    Merci de nous avoir éclairé sur ce sujet très grave, qui trouvera une solution pérenne quand les industriels auront décidé, malheureusement ce n’est pas pour demain, mais il faut continuer de se battre. Ne perdons pas espoir !!

    1
    Répondre
  31. Angelina

    Article très intéressant. Merci.

    1
    Répondre
  32. Estelle

    Un grand MERCI pour toutes ces informations qui sont nécessairent à la compréhension de ce vaste sujet.
    Comment faire pour que tout s’accélère dans le bon sens ? On marche sur la tête, vraiment ! Et on se sent tellement impuissant fassent aux industriels.
    Sincèrement, je dois vous dire que je ne sais plus quoi acheter pour bien faire, je tente de faire au mieux mais effectivement, ils sont partout et c’est un vrai problème de santé publique ! C’est sous silence quand même… malgré que nous en entendions de plus en plus parlé.
    Merci à vous pour tout ce que vous faites!

    2
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  33. Gfnc

    Merci beaucoup, c’est très intéressant et très complet.
    J’espère que les encadrements nécessaires vont se mettre en place rapidement autour de ce problème de santé publique !!
    Même si on peut se demander pourquoi ne s’y sont ils pas intéressés avant.. j’ai bien peur de connaître la réponse … !!

    1
    Répondre
  34. ghyslaine

    Merci pour ces informations très interessantes !!! intuitivement, je me méfie de tous ces éiéments nocifs dont nous sommes innondés !?, et grace à YUKA, mes connaissances s’élargissent de jour en jour !! je ne fais mes courses qu’avec ses appréciations.Mais hélas !!! elles sont limitées par rapport à l’article que je viens de lire.
    Qui peut s’opposer actuellement à l’industrie alimentaire et autres….? puisque certaines décisions sont revues et modifier, seul l’interêt compte, l’humain passe bien après !!!
    MERCI à tous ces chercheurs qui ne baissent pas les bras !!!

    4
    Répondre
  35. Alain

    Merci pour cet article complet . Il est effrayant de voir que ces perturbateurs sont si nombreux autour de nous. Merci de nous les avoir rappelé à notre mémoire

    1
    Répondre
  36. Raulet

    Très intéressant et angoissant . Il y a tellement de perturbateurs que, bien que suivant
    Les conseils ça ne changera pas grand chose car nous sommes infectés par eux. Merci pour cette lecture. Je fais attention déjà depuis longtemps. Mais je reste ceptique. Merci.

    2
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  37. jean-yves

    Article intéressant qui montre l’omniprésence de cette industrie chimique dans notre alimentation. Revenons aux fondamentaux c’est à dire consommer de saison , des aliments non transformés dépourvus d’exhausteurs de gout, ne plus jeter de médicaments dans les eaux usées, la liste est non exhaustive. Cessons de jouer les apprentis sorciers .

    2
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  38. Jacqueline

    Merci pour cet article très intéressant, toutefois effrayant !
    Depuis plusieurs années j’essaie d’être vigilante, mais que du travail à faire !
    Pour l’eau, je mets quelques petits rouleaux de céramiques dans une bouteille en verre. Il faut penser à remplir la bouteille toujours en avance.
    J’utilise les récipients en verre pour conservation (mais le couvercle est en plastique !)
    Les produits bio ne sont pas toujours parfaits !
    Bon ! Accrochons nous !

    1
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    1. Claudie

      Encore merci
      J’ai cru comprendre qu’il faut recycler les boites en carton des médicaments mais surtout pas le contenant des cachets et plutôt les rapporter à la pharmacie pour ne pas polluer davantage les nappes phréatiques .Autour de moi peu de gens le savent ?

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      1. Anonyme

        Bonjour
        Un jour, j’ai rapporté des médicaments à la pharmacie, et j’ai vu que la personne qui m’a reçue n’était pas ravie. Pour moi c’est plus jamais à la pharmacie.
        Un jour, à la pharmacie, on m’a vendue des cachets pas loin d’être périmés et barrés. J’ai compris toute seule, que c’était de la seconde main. Je les ai rapportés et la pharmacienne m’a dit qu’elle était en rupture de stock ( ha ha ha
        quel mensonge !).
        Depuis tout ça, je les jette dans ma poubelle très très bien cachés

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      2. Monique

        J’ai bien aimé les informations sur les propriétés des fruits et des légumes. J’ai été intéressée.par l’exposé sur les perturbateurs endocriniens.

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